Le revenu de base et la décroissance par Vincent Cheynet

Bonjour,

Vincent Cheynet, auteur de « décroissance ou décadence » (édition le point de côté) expose ici son sentiment sur l’idée d’un revenu de base. Il constate à juste titre que l’idée d’un revenu de base trouve ses soutients de l’extrême droite à l’extrême gauche, et l’associe de façon métaphorique au sein de la mère qui nourrit le nouveau né. Il fait ainsi référence au concept de « tititainment », néologisme de Brezinsky, désignant le moyen d’occuper et d’endormir les masses oisives (je fait court).

Je ne partage pas son analyse, mais il porte un point de vu intéressant sur le sujet.

J’en profite pour apporter quelques précisions sur les fondamentaux du revenu de base:

  • Le RB dois permettre à chacun de vivre dignement et de subvenir à ses besoins primaires. Il est inconditionnel.
  • Il se substitue aux minimas sociaux ainsi qu’aux innombrables aides de l’état et pas seulement aux plus démunis. Les quelques 900 niches fiscales dont bénéficient les plus aisés devront également être supprimées.
  • Il ne remplace pas la sécurité sociale ni l’éducation nationale qui restent des services publiques. Par contre plus d’allocations familiales, plus d’ APL, plus de RSA…
  • Il ne bénéficie qu’aux résidents français de nationalité française, à partir de la majorité. Toute sortie du territoire doit entrainer la suspension des versements.

Le niveau du revenu de base (actuellement le RSA) ne permet que de survivre. Essayez de vivre avec 450 euros par mois sans pouvoir prétendre à aucune autre aide et vous comprendrez que la plupart des gens continueront à se lever pour aller travailler ou à tout faire pour trouver un emploie. Par contre, ça peut encourager ceux qui travaillent déjà à travailler moins pour consacrer plus de temps à leurs enfants, à leurs passions, ou à leurs activités sociales au sein d’associations par exemple. Ceci permet donc une redistribution des heures travaillées. Croire que l’on fera une génération d’assistés, de feignants,  de « profiteurs », c’est tout simplement faux. D’ailleurs quand on pose la question aux gents, ils sont une immense majorité à dire qu’ils continueront à travailler, mais curieusement, ils pensent que les autres ne le feront pas.

Après cette petite digression, voici donc cette vidéo de M. Cheynet.

 

 

Publicités

Hugo Stephan présente le revenu de base

Bonjour.

Dans cette conférence TEDx (le principe est de présenter en 15 minutes une idée, un concept, une organisation….), le journaliste Hugo Stéphan présente le revenu de base.

Même si cette présentation est très superficielle, elle donne un aperçu de ce que pourrait être le revenu de base, des raisons pour lesquels il deviendra incontournable, et des perspectives qu’il permettrait s’il était mis en œuvre.

 

Il suggère dans sa vidéo un RB de 500 euros par adulte et de 250 euros par enfant de la naissance à la mort. Personnellement je considère que le RB ne doit concerner que les adultes. Il est ridicule de donner un revenu de base à des nouveaux nés, à des enfants de 5 ans, ni à des adolescents. Les parents sont là pour subvenir à leurs besoins élémentaires jusqu’à la majorité. Par ailleurs, il est évident que le RB doit venir en substitution d’un certain nombres d’allocations, ce qui ne ressort pas clairement de cet exposé.

 

 

La Finlande teste le revenu de base sur un échantillon de 2000 concitoyens tiré au sort.

La Finlande est en train d’étudier de manière sérieuse l’instauration d’un revenu de base. Pendant deux ans, la mesure sera testée auprès de 2000 personnes et pourrait être étendue par la suite. La prudence reste cependant de mise : la généralisation de cette disposition dans le pays pourrait être accompagnée d’une suppression des aides sociales d’autre part. Les militants restent globalement divisés sur la manière de mettre en place un tel système.

Le gouvernement finlandais a pris la décision de tester un revenu de base. Celui-ci sera versé à chaque citoyen, sans conditions. Le Premier ministre actuel, Juha Sipilä (centre droit), avait fait de cette proposition un argument de campagne. Selon le gouvernement, cette décision devrait non seulement aider à relancer le marché du travail, mais également simplifier le système de prestations sociales en vigueur à ce jour, jugé couteux et complexe.

01_revenu_base_finlande

Le lancement de la mesure intervient alors qu’un débat important sur la réforme de l’État est en cours en Finlande, tout comme ailleurs en Europe. Si le système de couverture sociale est particulièrement développé dans ce pays, il n’est plus adapté à sa réalité sociale, estiment de nombreuses personnalités politiques. Otto Lehto qui a travaillé sur le projet de réforme indique :

«[le système de couverture sociale] est beaucoup trop rigide. Il n’a pas suivi les évolutions de la société et du monde du travail. Calibré pour les réalités du XXe siècle, où l’individu avait un emploi à plein temps, où les familles étaient solides, il ne parvient plus à assumer sa fonction alors que se multiplient les jobs à temps très partiel, que le nombre de microentrepreneurs précarisés ne cesse de croître, qu’un mariage sur deux se conclut par un divorce. Autant de situations qui amènent les gens à se retrouver fragilisés, piégés par des effets de seuil, des retards bureaucratiques. Avec un revenu de base universel, nous simplifions ce système, sortons les gens du piège qui se referme sur eux et les incitons à se remettre au travail.»

Pendant deux ans à partir du 1er janvier 2017, le système doit être testé sur un échantillon de 2000 personnes en âge de travailler et choisies au hasard. Chacune d’entre elles se verra verser une somme de 560 euros par mois (qu’ils travaillent ou non). Si le montant exact du revenu fait débat au sein de la classe politique, d’autant qu’il n’est pas très élevé, la suppression concomitante des aides sociales pose un problème de fond important. Comment vont pouvoir survivre les individus qui ne peuvent pas trouver un travail (les raisons pouvant être infiniment nombreuses, depuis la maladie à l’incapacité de travail) avec ce montant largement sous le seuil de pauvreté ?

02_revenu_base_finlande

Création d’emplois et simplification administrative

Le gouvernement souhaite apporter une réponse aux problèmes économiques que traverse le pays depuis quelques années. Alors que l’économie se transforme progressivement et que le tertiaire connaît un développement important, le pays n’a pas réussi, tout comme nombreux de ses voisins européens, à adapter la stratégie nationale à un marché de l’emploi en évolution. En effet , le pays souffre d’un chômage qui stagne autour des 10%, un chiffre relativement élevé pour la Finlande. Dans ce contexte, le Premier ministre espère entamer une réforme d’envergure qui devra favoriser un retour à l’emploi et soutenir les travailleurs indépendants. Le versement d’un revenu de base en serait la clé de voûte.

Seulement, le projet prévoit également de simplifier le fonctionnement administratif du pays : sa complexité engendre des déficits importants. Ainsi, le revenu se substituera tout bonnement à certaines prestations sociales qui étaient jusqu’alors versées aux ménages les plus défavorisés. Dans la mesure où le ministère n’a pas donné de plus amples précisions à propos du futur exacte du système social actuel, il est difficile de juger la proposition.

Un revenu du base à la « Milton Friedman »

Cependant, l’idée (dans sa conception actuelle) est d’inspiration libérale puisqu’elle aboutit à un effacement progressif de l’État. L’objectif premier n’est pas social mais économique : la suppression des prestations sociales existantes et leur remplacement par une couverture plus universelle doit aboutir à une simplification administrative ainsi qu’à une relance économique. De manière plus générale, le débat rappelle que diverses écoles s’affrontent lorsque l’on parle de revenu de base et que l’instrument peut être à l’origine de modes d’organisation collectifs très différents.

04_revenu_base_finlandeStreet-Art à Helsinki / Flickr

Sans aucun doute, le revenu de base fait son chemin au niveau international et au sein des différents partis politiques. La raison est partout la même : la généralisation des nouvelles technologies et de l’internet ainsi que de l’automatisation a aboutit à une évolution rapide du marché du travail. Mais la forme exacte que doit prendre ce revenu ainsi que sa raison sociale ne font pas l’unanimité. Au contraire, selon les différentes propositions et la manière de les articuler, on peut voir se dessiner des visions de la société très opposées. Alors que pour certains, comme en Finlande, le revenu de base est un outil destiné à relancer la croissance et l’économie, d’autres y voient une manière de soutenir chaque individu, indépendamment de ses activités : dans cette seconde hypothèse on considère que chacun crée de la richesse en dehors du travail productif classique (femmes au foyer, petits artisans,..).

Alors que le le sujet revient de manière de plus en plus régulière dans l’actualité et que la Suisse s’opposait récemment au principe, il reste fondamental d’apporter une attention particulière aux propositions des différents partis politiques, qui poursuivent des fins très différentes.

source: https://mrmondialisation.org/le-revenu-de-base-arrive-en-finlande/

Le 3 mars 2016, le MFRB organisait une conférence à l’Ambassade de Finlande sur le thème « Le revenu de base en Finlande : un exemple pour la France ? » avec quatre intervenant(e)s :
• Olli Kangas, directeur de recherche de KELA – l’Institut finlandais de protection sociale – en charge de la mise en place des projets-pilotes.
• Martine Alcorta, conseillère régionale d’Aquitaine Limousin Poitou-Charente, ayant soutenu le projet d’expérimentation de RSA inconditionnel dans la région, qui fut voté à l’unanimité en juillet 2015.
• Arnaud de l’Épine, économiste, membre du groupe de travail économie de la contribution à Ars Industrialis.
• Jean-Eric Hyafil, doctorant en économie, membre fondateur du MFRB (Mouvement Français pour un Revenu de Base).

Images et montage : M.L. Harot

Le salaire à vie, selon Friot

Bonjour,

J’ai déjà parlé de Bernard Friot et du salaire à vie dans de précédents articles. Cette vidéo de 36 minutes apporte un éclairage sur la nécessité de mettre en place un nouveau système de redistribution face à la disparition du travail (voir les travaux de Paul Jorion) et l’inexorable échec de la lutte contre le chômage dans nos sociétés occidentale.

Dans sa théorie, B. Friot oppose le capital lucratif au capital utile; l’un permet aux possédants de toucher des dividendes, l’autre est vu comme un outil de production pour le bénéfice de tous.

Vous comprendrez également à travers cette vidéo la différence entre le revenu de base et le salaire à vie. J’y reviendrais plus spécifiquement dans un prochain article car ce sont deux approches intéressantes mais distinctes.

Cette vidéo nous est proposé par Usul; vous trouverez d’autres vidéos toutes aussi bien faites et pédagogiques sur sa chaine Youtube: https://www.youtube.com/user/MrUsul2000

La silicon valley se penche sur le revenu de base


Après l’Europe, la Silicon Valley se penche sur le revenu universel

Par I Publié le 15 Février 2016


Un incubateur de start-up californien a annoncé qu’il allait verser un revenu de base à 300 citoyens américains sur une période de cinq ans. Une façon contribuer à l’égalité des chances et de préparer la société à l’érosion du salariat.


Image d'illustration (Crédit : HeatherPaque/Pixabay)

Image d’illustration (Crédit : HeatherPaque/Pixabay)

« Nous aimerions financer une expérience sur le revenu de base. Donner aux gens suffisamment d’argent pour vivre, sans condition aucune. »

Cette déclaration ne vient pas d’un nouveau gouvernement européen, qui après la Finlande, les Pays-Bas, la Suisse et peut-être bientôt la France, serait en train d’étudier la question d’un revenu inconditionnel, mais de l’un des acteurs majeurs de la Silicon Valley, en Californie.

Sam Altman est le CEO de Y Combinator, un incubateur de start-up que la revue économique américaine Fortune décrit comme « une frayère pour géants de la technologie émergente ». Depuis 2005, sa société a lancé des entreprises aussi connues qu’Airbnb, Dropbox, ou encore Reddit. Aujourd’hui, elle veut utiliser une partie de ses bénéfices pour offrir un salaire minimum à 300 personnes, sur une période de cinq ans.

« C’est LA chose du moment à expérimenter », explique Sam Altman au pure player américain FastCoExist, « parce que dans une ou deux décennies, des millions de jobs humains vont être remplacés par des robots et des intelligences artificielles ».


Image d'illustration (Crédit : Johanna84/Pixabay)

Image d’illustration (Crédit : Johanna84/Pixabay)

Un revenu universel à montant variable

Le CEO est actuellement en quête d’un chercheur pour superviser ce programme d’études. Ce dernier devra aider les membres du projet à fixer un ou plusieurs montants – l’idée étant de pouvoir comparer les impacts que produiraient différents niveaux de revenu sur leurs bénéficiaires, précise Sam Altman. Et ainsi, d’observer « ce que ce revenu minimum change à leur bonheur, leur épanouissement, mais aussi leur potentiel de gains, leur équilibre et leur capacité à créer des entreprises, de la richesse ou de l’art ».

À LIRE AUSSI : Finlande, Pays-Bas, Suisse… Le revenu universel va-t-il conquérir l’Europe ?

Car l’entrepreneur en est convaincu : loin d’encourager la population à sombrer dans l’oisiveté, un tel revenu de base pourrait encourager les citoyens à prendre davantage de risques.

 « L’une des raisons pour laquelle j’ai commencé à envisager cette solution est que beaucoup de personnes vraiment talentueuses ne se lancent pas dans l’entreprenariat parce qu’elles ne sont pas nées sous la bonne étoile », avance Sam Altman.


Élimination de la pauvreté et égalité des chances

Pour accompagner la mise en place de son revenu de base, la start-up compte également proposer des « formations financières », dans l’objectif d’aider les bénéficiaires à dépenser et à économiser de façon plus responsable. Quant à la sélection de ces derniers, elle se fera « au hasard », avec une attention particulière pour « des personnes talentueuses, mais issues de milieux défavorisés »  :

« Combiné à l’innovation technologique, le revenu universel permettra de réduire les coûts nécessaires à une bonne qualité de vie et de faire de réels progrès en matière d’égalité des chances et d’élimination de la pauvreté », conclue le CEO.

Un modèle dont, Sam Altman en est sûr, plus personne ne doutera dans cinquante ans.